Loin des clichés exotiques, les tribus amazoniennes font leur propre cinéma – .

Loin des clichés exotiques, les tribus amazoniennes font leur propre cinéma – .
Loin des clichés exotiques, les tribus amazoniennes font leur propre cinéma – .
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Comment sortir des clichés ? Comment se libérer d’un regard qui les a si souvent transformés en spécimens “exotiques” ? Les Matis, cette tribu de l’Amazonie profonde, qui fut l’un des derniers peuples « isolés », maintenant ils ont les outils pour se filmer et raconter leur propre histoire.

Mieux, les néo-cinéastes de la tribu Matis se sont lancés dans la formation d’autres tribus comme leurs voisins Tikuna en Colombie. Bien qu’ils ne parlent pas la même langue, ils se comprennent par les gestes et partagent une culture commune.

Les deux caméras offertes en 2015 aux Matis par la fondation brésilienne La FUNAI (Fondation nationale indigène) a porté ses fruits. Un nouveau cycle de représentation est ouvert !

Et nous avons parcouru un long chemin! Dans les années 1970, les premiers contacts des Matis avec d’autres humains, bûcherons ou saigneurs de caoutchouc, s’avèrent catastrophiques. Épidémies, maladies… Ce fut aussi le début d’une série de reportages qui, pendant des années, se sont faites sans demander d’autorisation, sans que les Matis comprennent de quoi il s’agissait, et sans aucune suite. Des caméras du monde entier ont débarqué comme en safari pour immortaliser cette ville “incroyable” avec leurs bijoux qui leur transpercent le nez et les oreilles, et leurs visages tatoués comme des animaux sauvages…

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Là, il semble que les Matis, qu’on appelle aussi “le peuple du jaguar”Ils ne sont qu’une espèce sauvage parmi d’autres dans la jungle… Sans malice, ces types d’histoires en images ont leur côté déshumanisant.

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Premièrement, il laisse des traces dans la manière dont une culture et un peuple sont perçus, et dont nous pouvons nous permettre de les traiter. Ensuite ça limite aussi ce formidable outil de streaming qu’est la caméra à quelques stéréotypes.

Comme si les équipes étaient venues nous filmer en nous concentrant sur cet étrange rite qui consiste à faire la queue pour acheter un long pain aux allures de pirogue : la baguette !

Parmi les cinéastes matis interrogés par l’AFP,

Pixi, 29 ans, explique que ces images peuvent leur permettre de choisir ce qu’ils veulent véhiculer de leurs traditions, elles peuvent aussi montrer aux autres peuples et aux « blancs » que les Matis ont leur propre identité.

En 2001, le film

“Atanarjuat” remporte la Caméra d’Or à Cannes. Il s’agit du premier long métrage de l’histoire du cinéma écrit, réalisé et interprété par des Inuits dans leur langue. Le réalisateur a alors expliqué que c’était comme si les films jusqu’à présent n’avaient été faits que par des cow-boys, pour la première fois les Indiens ont pris la caméra ! A quand un film Matis au Festival de Cannes ?

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